Les mots d’un montagnard
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Une syllabe posée sur l’infini

Amour et désir

Une syllabe posée sur l’infini

Dans le silence avant les mots,
l’amour commence comme une hésitation —
un souffle retenu entre deux regards,
une lumière posée sur l’invisible.

Aimer c’est ...

Un mot trop court pour un vertige si vaste,
même apprivoisé,
trop petit pour contenir tout ce qu’il ouvre,
Une syllabe fragile posée sur l’infini.

Une chute lente où l’on choisit de ne pas se retenir.
Tomber sans bruit dans une évidence,
Un désordre précis,
Un chaos qui s’organise autour d’un seul prénom.

Une question sans réponse fixe,
Un peu comme la nuit qui ne demande jamais la permission.

Ne pas dire « toujours »,
Rester quand « parfois » tremble,
Choisir,
encore et encore,
la même âme dans le tumulte des jours.

Ou dire « toujours » en tremblant,
Et « peut-être » en silence,
Écrire en vers maladroits
ce que le cœur crie sans cadence.

Un serment murmuré
entre deux silences trop pleins,
un « reste » fragile
au bord d’un « peut-être demain ».

Jurer sans témoins,
dans la chapelle fragile du souffle,
des promesses qui tremblent
mais refusent de tomber.

Djamel Metref
Saint Ouen sur Seine le 13 Mai 2026