Les mots d’un montagnard
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Sous la peau du silence

Angoisse et solitude

Sous la peau du silence

Il y a des nuits
qui ne dorment pas,
des heures suspendues
comme des draps mouillés,
un goût de fer
sur la langue des souvenirs.

Les murs écoutent,
eux,
ils savent
ce que le cœur tait.
On apprend à marcher
dans la lumière
comme on apprivoise
une cicatrice,
lentement,
sans bruit,
sans promesse.

L’espoir s’effiloche
parfois,
comme une corde
trop tendue,
mais il reste
une fibre,
fine,
invisible,
obstinée.

Le monde fait
son vacarme,
mais au fond,
tout se résume
à un souffle
qu’on retient.

L’amour,
ce mot sans contours,
s’effrite
quand on le prononce
trop fort.
Et pourtant,
on recommence,
Encore.

Parce que tomber,
c’est vivre aussi.
Les visages changent,
les rues avalent les pas,
les jours s’effacent
comme des traces
sur la neige.

Mais dans le creux
de la main,
il reste la chaleur
du monde,
minuscule,
fragile,
mais là.

J’écris
pour ne pas
me perdre,
pour retenir
un peu d’air,
un peu de vrai.

Chaque mot
pèse plus
qu’il ne dit,
chaque silence
parle
plus fort encore.
Et si demain s’enfuit,
je saurai au moins
que j’ai brûlé d’exister.

Djamel Metref
At Yenni le 27 décembre 2025