Les mots d’un montagnard
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Racines kabyles éternelles

Mémoire et transmission

A l'occasion de la journée mondiale des langues maternelles :

Racines kabyles éternelles

Ma mère parlait
et chantait en kabyle,
au lever du soleil,
Ses mots dansaient
comme les feuilles du figuier,
Emportés par le vent du Djurdjura.

Sous les étoiles du ciel d'Algérie,
pur et infini,
Elle me berçait d'histoires
venues des âges portant l'âme
de nos ancêtres.

"Avehri, tili,
Iweqchic ad yili",
Fredonnait-elle doucement,
Langue de nos montagnes,
tamazight vivante,
Portant les secrets d'Ifri
et des Numides,
Où chaque syllabe est
un serment d'immortalité.

Ma grand-mère,
gardienne des feux ancestraux,
Tissait en kabyle
les fils de la mémoire,
Autour du foyer,
ses yeux brillants
comme l'argent,
Contait les héros
qui défiaient les vents du Nord.
Ses lèvres murmuraient
l'écho des montagnes,
Où le peuple amazigh respire libre.

Ses mains calleuses,
marquées par la terre rouge,
Chantaient les louanges d'ⵉⴼⵔⵉ (d'ifri),
d'ⴰⵎⴰⵣⵉⵖ (d'amazigh) pur,
Sans peur des ombres,
sans courber l'échine,
Elle semait en moi
les graines d'une fierté sans fin.

Moi,
Kabyle de cœur,
de sang
et de feu,
amazigh,
Fier de mes racines
qui percent le roc.

Je porte leur voix
comme un bouclier invincible,
Amazigh,
Je suis,
Dans les rues d'Alger
ou les sommets de Kabylie,
Je clame mon être,
haut et droit,
sans chaînes ni regrets,
Sans m'excuser d'exister,
je hurle mon cri :
ⴰⵎⴰⵣⵉⵖ !  (Amazigh)

Fier d'exister,
de respirer cette langue mère,
Qui résiste aux tempêtes,
aux oublis du temps,
Kabyle aujourd'hui,
Kabyle demain éternel,
ⵜⴰⵎⴰⵣⵉⵖⵜ ⵉⴷ ⵏⵉⴼ  ! (Tamazight Id Nif)
Notre cri traverse les siècles.

De génération en génération,
Notre langue est un flambeau éternel,
Qui illumine le monde,
invincible et vrai.

De mère à fille,
de grand-mère à petit-fils,
La chaîne d'or kabyle ne se brise jamais,
Elle unit les cœurs,
illumine les âmes,
Et dans chaque mot,
pulse la vie immortelle.

Aujourd'hui,
Journée des langues maternelles,
J'élève ma voix,
tambour battant du Djurdjura,
Pour toutes celles qui parlèrent avant moi,
Kabyle je suis,
et fier,
sans fin,
sans remords.

Djamel Metref
At Yenni le 21 février 2026