Les mots d’un montagnard
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Pèlerin de comptoir

Angoisse et solitude

Pèlerin de comptoir

Comme au temps jadis,
De tes ivresses familières,
La caresse brûlante
De sa chaleur glissant
Dans ta gorge
Transforme
Chaque remords à apaiser,
Chaque douleur à engloutir,
Chaque joie à célébrer,
En un instant suspendu,
Unique
Et fugitif.

Toi,
Ivrogne égaré,
Voyageur des terres inconnues,
Pèlerin d’une place
Qui ne t’appartient pas encore,
Tu viens noyer tes questions
Dans le silence des verres.

Tu viens voler un aparté
Au monde,
Une halte fragile
Au cœur du tourbillon
Des jours.

La bibine est là,
Fidèle compagne,
Pour panser tes blessures
Invisibles,
Réparer les fêlures
De ton âme,
Adoucir les bleus
Que personne ne voit,
Nourrir ton ventre
Qui crie famine
Et ton esprit
En quête de repos.

Alors tu pousses la porte,
Comme on retrouve
Une vieille connaissance,
Comme on rejoint
Un refuge dans la nuit.

Tu viens à sa rencontre,
Elle t’accueille sans questions,
Verse dans ton verre
L’oubli de quelques heures,

Et,
L’espace d’un instant,
Entre la fumée,
Les rires
Et les silences,
Tu laisses le monde
Derrière toi,
Avant de reprendre
La route,
Avec tes doutes
Pour bagages
Et l’espoir ténu
Des lendemains.

Djamel Metref
St Ouen sur Seine le 14 Mai 2026