Les mots d’un montagnard
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Parle-moi de liberté

Liberté et justice

Parle-moi de liberté

Parle-moi de ce souffle
Qui casse les chaînes invisibles,
De cette lumière qui s’invite
Quand les murs tombent.

Parle-moi de liberté,

Comme on parle du souffle qui sauve,
Comme on parle du feu qui éclaire
Au cœur des nuits les plus épaisses.

Parle-moi de liberté,

De ce vent sauvage,
Ce vent indomptable,
Qui traverse les plaines,
Qui franchit les frontières,
Sans jamais demander son chemin,
Et refuse de plier devant les drapeaux.
De cette vague qui se lève
Et refuse d’obéir à la rive.
Écoute-la : elle clame dans les arbres,
Elle gronde dans les océans,
Elle siffle dans les ruelles des villes étouffées,
Elle est partout où un cœur bat encore.

Parle-moi de liberté,

Du pas nu sur la terre,
Du rire qui n’attend aucune permission,
Du ciel ouvert sans frontière,
Où chaque étoile est une porte.

Parle-moi de liberté,

Non comme d’un rêve fragile,
Mais comme d’un droit inscrit
Dans la chair de l’univers.
Elle ne se négocie pas,
Elle ne s’offre pas en cadeau,
Elle se vit,
Elle se prend,
Elle brûle dans la gorge
De ceux qu’on voulait faire taire.

Parle-moi de liberté,

De ce feu qui couve
Dans le silence des prisons,
Et qui, à la première fissure,
Jaillit comme un chant,
Plus fort que les verrous,
Plus vrai que les murs.

Parle-moi de liberté,

Des voix qu’on n’éteint pas,
Des mains qui se tendent
Sans compter ni mesurer,
Du cœur qui choisit son chemin.

Parle-moi de liberté,

Du cri des enfants
Qui ne connaissent pas encore la peur,
De leurs mains tachées de soleil.
Des enfants qui courent,
Les pieds nus contre la terre,
De leurs courses sans fin
Dans l’herbe qui ne retient personne.
Rien ne les arrête, rien ne les retient,
Leurs rires sont des étendards
Que nul vent ne renverse.

Parle-moi de liberté,

Non pas comme un rêve lointain,
Mais comme une flamme tenace
Qui brûle déjà
Dans nos veines.

Parle-moi de liberté,

Des routes qui s’ouvrent,
Des portes qui n’ont plus de clefs,
Des horizons qui ne se plient pas,
Même sous le poids des empires.

Parle-moi de liberté,

De l’homme debout
Face à la tempête,
Qui choisit ses mots,
Ses rêves,
Ses gestes,
Et refuse que d’autres écrivent sa vie
À l’encre de l’obéissance.

Parle-moi de liberté,

De la femme debout,
Qui brise les chaînes des silences,
Qui dresse la voix qui fend la nuit
Comme une lame douce et invincible,
Comme une cathédrale de lumière,
Et qui réclame son espace,
Dans l’air,
Dans le temps,
Dans le monde.
Écoute-la :
Elle chante la justice,
Elle chante l’espace à conquérir,
Et ses chants sont des promesses
Que l’avenir entendra.

Parle-moi de liberté,

Des peuples qui se lèvent,
Des chants qui se mêlent
Unis par le battement du même tambour,
Qui élève la poussière des routes,
En nuages de révolte et de gloire.
Des hommes qui marchent encore,
Et du pas immense,
Malgré la peur,
Malgré l’ombre,
Malgré la faim,
Malgré les fers,
Parce qu’une lueur persiste au loin,
Parce qu’un souffle les porte plus haut
Que toutes les chaînes,
Parce que nul empire ne tient éternellement
Contre le pas obstiné des foules.
De cette clameur immense
Qui traverse les siècles
Et fait trembler les trônes.

Parle-moi de liberté,

Non comme un mirage fragile,
Mais comme une rivière ancienne
Qui cherche la mer,
Et finit toujours par la trouver.

Parle-moi de liberté,

Comme on parle d’une étoile inextinguible :
Elle vacille parfois,
Mais jamais ne s’éteint,
Qui survit aux cendres,
Qui traverse les guerres,
Qui veille sur les morts
Et relève les vivants,
Qui éclaire les exilés,
Qui veille sur ceux qui tombent,
Et qui guide ceux qui se relèvent.

Parle-moi de liberté,

Et dis-moi,
À voix claire,
Dis-le haut,
Que tant qu’il y aura
Un souffle,
Que tant qu’il restera une voix
Pour chanter,
Un pas pour marcher,
Un rêve pour s’ouvrir,
La liberté vivra —
Comme un chant inachevé
Que chacun reprend à sa manière,
Pour que jamais
Il ne se taise.

Parle-moi de liberté,

Qui vivra comme un chant sans fin,
Comme une prière et un cri,
Comme un serment répété
De bouche en bouche,
De siècle en siècle,
Jusqu’à ce que le monde entier
Résonne de son nom.

Djamel Metref
At Yenni le 2 septembre 2025