Les mots d’un montagnard
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Ouverture d’esprit n’est pas fracture du crâne

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Ouverture d’esprit n’est pas fracture du crâne

Ouvert,
oui,
mais pas béant.
On peut entrouvrir la fenêtre
sans que la maison s’effondre.
On peut laisser entrer l’orage
sans se dissoudre dans la pluie.

Être ouvert d’esprit
ce n’est pas ôter les gonds de sa porte
et laisser les murs s’écrouler.

Ouverture d’esprit
n’est pas fracture du crâne,
ce n’est pas briser l’os
pour faire place au vent,
ni disperser sa pensée
comme cendre après l’incendie.

On peut accueillir l’autre
sans s’abolir soi-même.

C’est desserrer les poings
autour de ses certitudes,
non les jeter au ravin.
C’est accueillir l’étranger
sans renier son propre nom.

Je ne suis pas un hall de gare
où tout passe et rien ne demeure,
ni une mer sans rivage
où chaque courant décide de ma forme.

Il y a dans l’écoute une souplesse d’arbre,
le tronc demeure,
mais les branches consentent
au balancement du monde.

Il faut être un peu fêlé,
peut-être,
pour laisser entrer la lumière —
et totalement brisé
pour tout accepter.

Ouverture d’esprit
n’est pas fracture du crâne,
c’est un battant qui grince parfois,
mais tient bon sur ses gonds —
et s’ouvre vers plus vaste que soi.

Car penser n’est pas se perdre,
c’est ajouter des chambres à sa lumière,
élargir le cercle du feu
où nos différences viennent se réchauffer.

Aimer tout ?
Même ce qui méprise,
même ce qui blesse,
même ce qui nie ?

Accepter tout ?
Alors à quoi bon avoir une voix,
un goût,
une frontière ?

Et l’on comprend alors
que la force n’est pas
dans la rigidité de la pierre,
mais dans l’eau qui épouse la forme
sans jamais cesser d’être eau.

Je veux bien être large d’horizon,
pas dissous dans le ciel.

Ouvert, oui —
mais debout.

Djamel Metref
At Yenni le 2 mars 2026