NUIT BLANCHE
Dans la nuit qui ne cède jamais,
L’insomnie tisse ses fils d’acier,
Et l’esprit, funambule fatigué,
Vacille sans jamais tomber.
Je parle bas pour ne pas réveiller
Les fantômes assis au bord du lit.
Ils hochent la tête, patients,
Et me répondent avec ma propre voix.
L’avenir, lui, s’avance en masque mal ajusté,
Je crains ses yeux trop vides, ses promesses cassées.
Pourtant ma bouche sèche y dépose des fièvres,
Salive des désirs qui tremblent sur mes lèvres.
Je discute avec le plafond,
vieille page blanche constellée de fissures,
j’y projette des constellations privées,
des routes que je n’emprunterai.
Je projette sur les murs
des ombres mal rangées,
cinéma muet de mes pensées.
Je négocie avec l’oreiller fatigué :
“Encore une pensée, puis je ferme les yeux”,
Mais le sommeil s’éloigne, ironique et distant,
Me laissant enlacé à mes propres vertiges.
Je me débats enfin dans mes draps froissés,
Comme un papillon pris dans un filet d’étoiles,
Cherchant dans l’obscurité une paix dispersée,
Que l’aube viendra coudre au bord de son voile.
Et puis, au bord du matin,
quand tout semble enfin se taire,
on comprend que l’insomnie
n’a jamais cherché à nous quitter —
elle attend seulement que l’on cesse de lutter.
Djamel Metref
Saint Ouen sur Seine le 22 Avril 2026
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