Les mots d’un montagnard
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Nostalgie

Mémoire et transmission

Nostalgie

Du temps de l’enfance,
Il y avait du soleil,
des jeux sans peur,
des rires clairs,
des rires légers.

On dansait
sans se poser de questions.
On parlait fort,
on chantait tard,
le monde semblait moins lourd.

Les champs avaient la couleur de l’été,
les rivières une voix familière.
Les arbres étaient immenses,
nous faisaient croire en l’éternité.
Les nuages,
des animaux qu’on apprivoisait.

Et nos peines,
si elles existaient,
se taisaient à l’ombre des arbres.
Les rivières savaient écouter.

Le soir,
les voix s’élevaient,
et personne ne pensait au lendemain.

Le bonheur ne portait pas de nom.
Il était là,
simplement.

Je me souviens
de l’odeur de la pluie sur la terre,
du goût sucré
des bonbons trop vite avalés.
Des rues pleines de visages,
des maisons pleines de vie.

La nostalgie revient,
Mais ne crie pas —
elle effleure.

Un parfum,
un son qui revient
sans prévenir.

Tout revient,
en douceur,
comme un vieux film
qu’on revoit à travers la brume.

Elle ramène des rires
qu’on croyait éteints,
des visages flous
que le cœur n’a jamais vraiment lâché.

Les rires des enfants flottaient
comme une chanson
qu’on n’a jamais vraiment oubliée.

Les chemins d’enfance,
les voix disparues,
les gestes simples —
ils sont là,
pas loin,
juste derrière le silence.

Tout ça revient —
par flashs,
par odeurs,
par silences.
L’odeur de la terre mouillée,
le goût sucré de l’enfance,
des visages
qu’on n’a jamais vraiment quittés.

Nostalgie.
Ce n’est pas un regret.
C’est une présence.
Un écho,
un fantôme tendre
qui ne part jamais tout à fait.

Comme un fil discret
entre ce qu’on a été
et ce qu’on est encore.

Le présent est vide.
Aujourd’hui, tout est là,
mais plus rien n’est pareil.

Le village respire encore,
mais à vide.
Les pierres parlent bas.
Les souvenirs marchent dans mes pas.

Je traverse ce lieu,
je marche à travers ses décors
comme on traverse un rêve,
comme une ombre
qui cherche encore.

Un pèlerin du passé,
poursuivant un mirage.

Je cherche quelque chose
que je sais déjà perdu,
et que personne ne peut ramener.

Le présent est là :
bruyant, rapide,
indifférent.
Il nous dit que ce temps-là est parti,
qu’on ne le reverra plus.

Aujourd’hui,
le présent parle plus fort,
mais il ne console pas.

Et dans ce vacarme,
la nostalgie murmure —
pas pour pleurer,
juste pour rappeler
qu’on a aimé.
Et que cela, au moins,
reste.

Peut-être.
Il reste un goût,
un reflet,
quelque chose qui revient
quand le vent souffle comme avant.

Pas un regret,
juste une trace.

Le bon vieux temps.
Pas meilleur,
mais plus doux,
parce qu’on l’a vécu.

Djamel Metref
At Yenni le 11 juillet 2025