Les mots d’un montagnard
← Tous les poèmes

Naître à contre-vent

Résilience et espoir

Naître à contre-vent

Dans le hurlement des bourrasques folles,
où le ciel se déchire en lambeaux de rage,
naître à contre-vent, corps frêle et nu,
poussé par un souffle qui refuse la cage.

Les poumons s'emplissent d'air salé, amer,
premier cri étouffé par le vent qui mord,
les yeux plissés face à l'horizon noir,
où naître n'est pas don, mais défi au sort.

Les racines cherchent la terre invisible,
tendres comme des veines sous la peau du monde,
mais le vent les arrache, les fouette sans pitié,
et l'enfant grandit ployé, arc-bouté contre l'onde.

Contre-vent, naître c'est défier l'abîme,
esquiver les lames invisibles du temps,
chaque souffle inspiré vole un peu de force,
chaque expiration crache un feu ardent.

Les vagues cognent, les falaises rient,
le nouveau-né apprend la danse des ombres,
bras tendus vers un soleil qui tangue,
pieds nus sur des rochers qui saignent en somme.

Naître à contre-vent, c'est sculpter son être
dans le marbre du froid, dans l'acier des pluies,
c'est hurler son nom quand tout conspire au silence,
et fleurir malgré les vents qui jamais ne s'apaisent.

Pourtant, dans ce combat, une joie sauvage naît,
l'éclat d'un rire qui perce les nues,
car naître ainsi forge des âmes de tempête,
indomptables, vivantes, prêtes à renaître.

Contre-vent, le monde s'ouvre en fente vive,
et l'on court, on vole, on embrasse l'orage,
naître n'est plus chute, mais envol audacieux,
dans le cœur du vent qui nous appelle à l'audace.

Djamel Metref
At Yenni le 14 février 2026