Les mots d’un montagnard
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Mon songe est vérité

Liberté et justice

Mon songe est vérité

Je rêve.
Pas pour m’endormir.
Je rêve pour me réveiller.
Pour arracher le réel à sa léthargie.
Pour planter dans le béton un espoir qui pousse.
Je rêve,
Et mon songe est vérité.

Je rêve d’un monde où la loi,
Ce n’est pas celle du plus riche, du plus fort, du plus dur,
Mais celle du plus juste.
Une loi qui regarde en bas avant de regarder en haut,
Qui protège avant de punir,
Qui tend la main au lieu de serrer le poing.

Je rêve d’un monde où l’argent ferme sa gueule.
Où l’humain parle,
Pas avec des billets,
Mais avec le cœur,
Avec les actes,
Avec la sueur sur le front et le courage dans les veines.
Un monde où on ne mesure pas la valeur d’un être
À la taille de son compte,
Mais à la grandeur de ses gestes.

Je rêve d’un monde
Où le mot "race" est rangé dans un musée,
Tagué en gros : mensonge.
Un monde où noir, blanc, jaune, métis
Ne sont pas des cases,
Mais des nuances d’une même peinture :
L’humanité.
Une espèce.
Un nom.
Un sang.

Je rêve d’un monde
Où les fusils rouillent,
Où les missiles s’enterrent sous les fleurs.
Un monde où la paix n’est pas une pause entre deux guerres,
Mais un choix.
Une habitude.
Une promesse tenue.

Je rêve d’un monde
Sans douanes, sans murs, sans "papiers s’il vous plaît",
Un monde où l’on passe,
Comme passe le vent,
Sans se heurter à des barbelés d’ignorance.
Un monde où l’on voyage pour se connaître,
Pas pour fuir, pas pour survivre.
Un monde où l’on appartient à la Terre,
Pas à un bout de carte.

Je rêve d’un monde
Où les sirènes ne hurlent plus,
Où les alarmes se taisent,
Où les enfants ne savent même pas ce que c’est, une guerre.
Où l’on ne pleure plus les morts qu’on aurait pu éviter,
Parce qu’on les a évités.

Je rêve d’un monde
Sans crime,
Non pas parce qu’on l’a rempli de prisons,
Mais parce qu’on l’a vidé d’injustices.
Parce qu’on a appris à écouter,
Avant de juger.
À soigner,
Avant de punir.

Je rêve d’un monde
Qui grimpe vers le ciel,
Qui avance,
Pas vers le chaos,
Mais vers la lumière.
Un monde où les pas que l’on fait
Ne nous rapprochent pas de l’abîme,
Mais du sommet.

Je rêve —
Et j’entends déjà les ricanements.
"Tu planes", "tu délires",
"Ce monde-là n’existe pas."
Mais moi, je dis que si.
Il existe,
En germes,
En graines,
Dans chaque main tendue, chaque voix qui s’élève,
Chaque rêve qui refuse de mourir.

Alors ouais,
Je rêve.
Et mon rêve est un combat.
Mon rêve est une route.
Mon rêve est une arme.
Mon rêve est vérité.

Djamel Metref
At Yenni le 10 mai 2025