Mes fantômes, mes fantasmes
Ils passent parfois en moi,
Comme des ombres discrètes,
Comme des lueurs incertaines.
Ils m’accompagnent en silence,
Présences diffuses,
Ombres et éclats mêlés.
Mes fantômes sont des souvenirs,
Qui portent les visages du passé,
Ils me suivent,
D’un pas discret,
Des voix étouffées,
Des gestes suspendus.
Ils veillent au détour du silence
Et me rappellent doucement ce que j’ai perdu,
Les chemins laissés derrière,
Ce que je n’ai pas su dire.
Mes fantasmes avancent à leur tour,
Des formes imprécises,
Porteurs d’élans secrets,
De promesses inachevées,
De désirs murmurés.
Ils viennent du futur,
Du désir encore voilé,
D’un horizon que je ne nomme pas.
Mes fantômes sont silence et me regardent,
Mes fantasmes sont lumière et m’attendent.
Entre eux deux,
Je demeure,
Je marche et
Je vacille.
Porté par ce double souffle :
Le froid se confond à la chaleur,
L’absence se noue à l’attente.
Ils me tiennent dans un même mouvement,
L’un me retient,
L’autre m’appelle.
Ils me troublent et me soutiennent.
Je ne cherche plus à choisir.
Les uns me retiennent,
Ombres derrière moi.
Les autres m’élancent,
Désirs devant moi.
Je suis leur passage,
Je suis le chemin.
Je les laisse habiter ma nuit,
Comme des compagnons secrets.
Ils sont mes absences et mes attentes,
Mes racines et mes possibles.
Et dans leur discrète présence,
Je trouve une étrange paix.
Ils me parlent en silence,
Et m’entourent en secret.
Les disparus et les rêves,
Les absents et les possibles.
Je vis dans leur écho,
J’écoute et j’avance.
Entre l’ombre et l’appel,
Fantômes qui retiennent,
Fantasmes qui soulèvent —
Mon souffle est équilibre,
Je vacille sans chute,
C’est là que je vis.
Mes fantômes veillent derrière,
Mes fantasmes ouvrent devant.
Je respire dans l’entre-deux.
Ils habitent ma nuit,
Les absences et les promesses.
Je marche à leur rythme.
Ombres de mémoire,
Lueurs d’avenir —
Mon cœur bat des deux côtés.
Je ne choisis plus.
J’accueille le passé,
J’accueille le désir.
Ils me tiennent ensemble,
Les chaînes et les ailes.
Je leur appartiens.
Mes fantômes, mes fantasmes :
Vous êtes mes silences,
Vous êtes mes possibles.
Djamel Metref
At Yenni le 4 Octobre 2025
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