Les mots d’un montagnard
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Limerence

Amour et désir

Limerence

Tu es cette brûlure douce
que je n’ose nommer,
Ce vertige aux contours d’absence,
suspendu entre rêve et présence.

Une présence inventée qui s’impose
Tu habites mes silences sans jamais t’y poser,
Comme une évidence sans défense
née de l’absence.

Ton nom vacille en silence
au bord de mes lèvres closes,
Je le retiens comme on retient la mer.

Dans mon cœur,
sans que rien ne s’impose,
Un battement pris en cadence,
Par l’ombre seule de ton « oui »,
Tu deviens nécessaire.

Je te devine plus que je ne te vois.
Je t’invente,
Je te construis,
dans chaque geste du jour.

Ton absence devient loi
Et fait de moi
Un royaume déserté d’amour.

Il suffit de l’idée de ton regard
Pour que le monde chancelle en moi,
Car je t’aime dans ce brouillard
Où tu n’es pas —
mais plus que toi.

Limerence,
tu n’est pas l’amour,
Tu n’es peut-être qu’un mirage,
Une fièvre qui dure toujours
Mais je te donne un corps,
une voix.

Quand l’âme s’égare à l’essentiel,
Dans ce fragile paysage,
C’est toi qui décides de moi.

Tu es cette fièvre sans repos,
Et pourtant,
dans ce trouble étrange,
Je trouve une étrange clarté :
Aimer,
c’est parfois être en échange,
Avec ce qui n’a jamais été.

Trouble clair que rien n’apaise,
je te parle comme à l’écho
D’un amour qui n’existe presque pas.

Djamel Metref
Valentigney le 17 mars 2026