Les voix qui ouvrent les murs
Nous avons appris la colère dans les ruelles étroites
Les murs savaient déjà nos noms interdits
Le feu dormait sous les pavés fatigués
Chaque regard contenait une frontière à briser
Les voix interdites revenaient comme des marées
Nous portions des drapeaux cousus avec nos blessures
Le vent frappait les fenêtres des puissants
La nuit n’était plus un refuge mais un cri
Des mains levées remplaçaient les armes anciennes
Les rues vibraient d’une impatience sauvage
Un enfant dessinait des soleils sur les blindages
Les tyrans craignaient la lumière des foules
Nous avancions malgré les matins blessés
Le courage avait l’odeur du pain partagé
Des femmes chantaient au milieu des fumées
Leurs voix traversaient les sirènes métalliques
Chaque pas devenait une promesse de dignité
La peur reculait devant les regards unis
Les chaînes perdaient leur mémoire de fer
Le ciel lui-même semblait prendre parti
Des livres passaient de main en main
Comme des braises cachées sous les manteaux
La liberté poussait dans les terrains vagues
Même les pierres réclamaient justice
Nous étions fatigués mais jamais vaincus
Les blessures apprenaient à devenir des forces
Un vieux poète écrivait sur les barricades
Ses mots frappaient plus fort que les fusils
L’espoir avançait avec des chaussures usées
Les frontières tremblaient sous les chants collectifs
Nous refusions le silence organisé
Les ombres changeaient de camp dans la nuit
Le futur respirait derrière nos colères
Nous avons tenu debout contre l’effacement
Et nos voix continuent d’ouvrir les murs
Djamel Metref
At Yenni le 19 Mai 2026
Le 19 mai est célébré en Algérie comme la Journée nationale de l'étudiant. Elle commémore la grève historique du 19 mai 1956, durant laquelle les étudiants algériens ont quitté les bancs des universités et lycées pour rejoindre la Révolution et la lutte de libération nationale contre le colonialisme français.
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