Les mots d’un montagnard
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Les vents contraires

Vie numérique · Liens humains

Les vents contraires

J’écris
dans la lumière bleue des veilles modernes,
là où les visages s’allument
avant de se toucher.

J’écris le monde tel qu’il clignote :
des amours en Wi-Fi fragile,
des silences compressés,
des solitudes en haute définition.

Mais sous l’écran
il y a la peau.
Sous le réseau
il y a le manque.

Je marche entre deux souffles :
le vent du siècle
et celui de ma propre poitrine.

L’un me parle de vitesse,
de chiffres,
de foule connectée.

L’autre murmure
un prénom
que je n’ose plus prononcer.

Alors j’apprends
que l’ouverture n’est pas fracture,
que penser n’est pas se dissoudre,
que sentir n’est pas faiblir.

Je ne veux ni juger mon époque
ni m’y perdre.

Je veux tenir debout
entre réel et pixel,
entre présence et absence,
comme un arbre qui accepte
que deux vents contraires
le traversent
sans le briser.

Et si j’écris,
ce n’est pas pour expliquer le monde.

C’est pour rester humain
quand il change de forme.

Djamel Metref
At Yenni le 4 mars 2026