Dans la série "Les vents contraires"
N°13. Le silence et le bruit
Le bruit est partout.
Il court les rues,
il klaxonne, il notifie,
il s’impose dans les cafés, les pensées, les reins.
Il veut remplir. Il a peur du vide.
On parle même quand on n’a rien à dire,
juste pour ne pas entendre ce qui monte en dedans.
Le bruit, c’est parfois juste la peur du vrai.
Alors on meuble.
Le silence, lui,
fait flipper.
Il nous met face à nous-mêmes,
sans filtre, sans fond sonore.
Il creuse. Il éclaire. Il dérange.
Mais il soigne aussi.
C’est dans le silence qu’on entend
les vraies questions,
les cœurs battre,
les regrets parler.
C’est dans le silence qu’on aime vraiment,
qu’on pleure pour de bon,
qu’on comprend enfin ce qu’on n’osait pas voir.
Alors non,
le silence n’est pas vide.
Il est plein —
plein de tout ce qu’on n’ose plus écouter.
Djamel Metref
At Yenni le 17 août 2025
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