Les mots d’un montagnard
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Les mots qui rassemblent

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Les mots qui rassemblent

Nous venons
de terres différentes,
mais la poussière
sur nos mains est la même.
Les vents portent
nos langues mêlées,
et chaque souffle
devient un chant commun.

Au commencement,
il n’y avait que la parole,
simple,
nue,
offerte comme un pain.
Elle disait :
« Viens,
marche à mes côtés,
car le monde est trop vaste
pour être seul. »

La poésie n’a pas de frontières,
elle traverse les blessures
du monde
comme une eau patiente
qui guérit.

Entre les peuples,
la mer,
mais aussi le chant
des rivières
qui se rejoignent.
Les différences,
ce sont des couleurs,
pas des murs.

Sous les mêmes ciels,
nos cœurs battent
à la même mesure.
Ce n’est pas la couleur
de la peau
qui éclaire le regard,
mais la lumière
que l’on y met.

Quand la peur recule,
la fraternité
trouve sa voix.
Nous écrivons
pour apaiser le tumulte,
pour que les armes
deviennent des syllabes,
pour que la haine
perde son alphabet.

Quand un poème
franchit la mer,
il porte des graines
de paix
qui germent
dans le silence
des âmes.

Dans chaque mot,
une main tendue,
dans chaque vers,
une lampe qui s’allume.
La paix n’est pas un repos,
c’est une marche.
Elle avance
sur le fil du courage.

Par les mots,
nous désarmons
les peurs,
nous offrons
des ponts
à la place des murs.
La main tendue
devient drapeau,
la voix devient refuge.

Djamel Metref
At Yenni le 29 décembre 2025