Les mains vides du matin
Les mains vides du matin
s'éveillent
Et s'ouvrent,
Pâles paupières lourdes
sur l'ombre fanée
qui s'efface.
Le jour naît nu,
sans offrande,
sans don,
ni appel,
un souffle froid
qui effleure
et caresse la peau glacée.
Doigts tendus
vers l'invisible appel,
ils cherchent
et fouillent l'écho
d'un rêve effiloché,
égaré,
Poids d'une promesse oubliée,
dans le vide gelé,
Et le silence
des draps froissés
où le cœur s’éveille.
Pourtant,
dans ce creux palpiterait
une étincelle,
une graine d'aurore,
discrète,
dans la nuit effacée,
prête à saisir
le fil du vent rebelle,
et remplir l'infini
Vide fertile,
matin complice
et cruel,
où les mains vides
tissent l'avenir,
l'ombre
et la grâce.
Elles effleurent
le bois nu de la table,
tasses froides,
miettes d'un festin passé.
Sous les ongles,
la poussière des possibles,
éclats de lumière
filtrant des volets clos.
Le monde dehors
murmure ses hostilités,
mais un oiseau
perce l'aube de son cri osé.
Mains vides,
ponts vers l'horizon voilé,
elles dansent
avec l'ombre
et le soleil neuf,
tissant des fils d'or
dans le gris du réel.
Du néant naît le poème,
vif et bref.
Djamel Metref
At Yenni le 22 janvier 2026
← Tous les poèmes
