Les mots d’un montagnard
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Les heures de l’âme

Temps et existence

Les heures de l’âme

Il est d'ardents midis,
où la lumière embrase,
Où chaque arbre paraît
respirer lentement,

Où le ciel fait tomber
un immense silence blanc,
Et le cœur bat plus fort
sous l'éclat du présent.

Il est d'ardents midis,
où la lumière embrase,
Et,
ces heures-là,
je marche ivre d'espace.

Il est de doux crépuscules
aux paupières de cendre,
Où les rêves s'en vont
comme un vol d'hirondelles,

Où le temps se défait
en poussières éternelles,
Et les mots oubliés
deviennent des étoiles.

Il est de doux crépuscules
aux paupières de cendre,
Et,
ces soirs-là,
je vis sans vouloir
rien comprendre.

Il est des vents d'hiver
qui dépouillent les êtres,
Où l'espérance attend
sous les branches en deuil,

Où la douleur se tait
derrière un mince seuil,
Mais garde au fond des yeux
un invisible orgueil.

Il est des vents d'hiver
qui dépouillent les êtres,
Et,
ces jours-là,
j'apprends à renaître
peut-être.

Il est enfin l'aurore
où tout recommence,
Où l'ombre abandonne
au soleil son pouvoir,

Où le plus noir chagrin
consent à se mouvoir,
Et l'âme ouvre en silence
une fenêtre au soir.

Il est enfin l'aurore
où tout recommence,
Et,
ces matins-là,
je souris à l'espérance.

Djamel Metref
At Yenni le 24 juillet 2026