Les bancs de la liberté
"La seule vérité est peut-être la paix des Livres" (Antoine de Saint Exupéry - Courrier sud - 1929)
Assieds-toi.
Ici, le monde s’ouvre
entre deux pages.
Les bancs sont là,
ouverts à tous,
comme des bras tendus vers les passants.
Sur les bancs de la liberté,
posés à ciel ouvert,
Reposent les mots doux,
les cris,
les univers.
Ils invitent à s’asseoir,
à lire et à rêver,
À rencontrer la page,
et peut-être... s’y trouver.
Les mots t’accueillent
sans visa,
sans uniforme,
comme on tend la main
au voyageur fatigué.
Ils n’attendent rien
sinon que quelqu’un s’y pose,
avec un livre,
ou juste l’envie de rencontrer une phrase.
D’ici ou d’ailleurs,
les voix se font passerelle,
Des auteurs en voyage,
des plumes éternelles.
Le livre devient pont,
l’encre devient lien,
Et chaque lecture murmure :
« Tu n’es jamais loin ».
Les bancs de la liberté
ne jugent pas.
Ils recueillent les histoires,
les silences,
les regards tombés du ciel.
Les mots y circulent,
libres comme le vent,
sans passeport ni frontière.
Tous les continents y déposent leur souffle,
Dans les langues diverses,
la parole s’étoffe.
Là, un poème d’Afrique,
ici, un chant d’Asie,
La planète s’écrit,
libre et sans mépris.
Tu peux y lire
ou simplement écouter
ce que murmurent les feuilles
quand le vent tourne les pages.
D’ici ou d’ailleurs,
les auteurs nous rejoignent,
par la voix des pages,
par les silences entre les lignes.
Inventons des instants,
hors du temps et du bruit,
Où l’humain se rencontre dans les reflets d’autrui.
Car partager un texte,
c’est ouvrir un chemin,
Où l’émotion éclaire et se donne sans frein.
Un auteur d’ici
te parle d’ailleurs.
Un poème inconnu
réveille en toi un souvenir ancien.
On peut y lire un poème
comme on prend une bouffée d’air,
y découvrir une histoire
et soudain s’y reconnaître.
Sur tous les continents,
des bancs comme ceux-là
rassemblent des citoyens du monde
autour d’un simple feu :
celui de l’écrit.
Alors viens t’asseoir,
voyageur ou voisin,
Sur ces bancs offerts à l’écrit,
au matin.
En toute liberté,
lis,
rêve ou écris,
Et fais vibrer le monde au rythme de ta vie.
Ici,
les frontières tombent
au pied des lettres.
Car lire,
c’est habiter un instant de vie
inventé par un autre
et pourtant
profondément nôtre.
Ici,
les continents se rapprochent
par l’éclat d’une phrase,
par la douceur d’un mot.
Et dans cette respiration partagée,
c’est toute l’humanité
qui se raconte,
qui se comprend,
qui se relie
en liberté.
Sur ces bancs,
nous sommes tous des passants
de la même langue :
celle du cœur,
celle de l’écrit
offert,
libre,
vivant.
Djamel Metref
At Yenni le 27 juillet 2025