Le voyage immobile
Je ferme les yeux
et déjà mes pieds quittent
la poussière de la chambre.
Les murs deviennent des océans,
les étagères des montagnes,
et le plafond un ciel sans limite.
Je traverse des villes inconnues
par les ruelles des souvenirs,
par les ponts suspendus
entre les songes.
Chaque souffle est un vent
qui m’emporte plus loin
que mes jambes
ne pourraient jamais aller.
Je parle avec des inconnus
dont les voix résonnent
dans le creux de mon esprit.
Leurs rires sont des échos
que je cueille,
leurs silences des trésors
que je garde.
Le temps s’étire,
se plie,
se suspend.
Je touche l’Orient
et l’Occident
sans franchir le seuil
de ma porte.
Je bois des cafés
sur des terrasses de pierre,
je me perds
dans des labyrinthes de mots
et je reviens toujours
à ce fauteuil,
à ce souffle,
riche de mille vies
que je n’ai pas vécues.
Partir sans bouger,
c’est apprendre
que le monde est une pensée
et que chaque pensée est un horizon.
Djamel Metref
At Yenni le 3 décembre 2025
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