Le souffle du rêve
Je marche dans la ville comme un nuage sans nom
Les fenêtres respirent une lumière inquiète
Le matin hésite sur les épaules des passants
Je porte des océans pliés dans ma poitrine
Chaque rue invente une langue différente
Le silence me parle avec des mains ouvertes
Des oiseaux électriques traversent les panneaux du ciel
Je cherche une porte derrière les heures
Le vent connaît déjà mes anciennes peurs
Il les disperse dans les jardins du métro
Je rêve debout contre les murs du réel
Les lampadaires deviennent des arbres transparents
Une vieille chanson dérive dans les cafés
Je reconnais ma solitude à son parfum de pluie
Le monde est une vitre couverte de souffle
J’y dessine des constellations fragiles
Les enfants poursuivent des comètes de papier
Leurs rires secouent les chaînes de la fatigue
Je voudrais dormir dans la paume du temps
Là où les secondes cessent de mordre
Les toits accueillent les derniers nuages rouges
Une femme traverse l’avenue avec des fleurs bleues
Son regard contient des continents entiers
Je comprends soudain la douceur des ruines
Même les fissures savent garder la lumière
La nuit allume ses machines de velours
Les rêves remontent des profondeurs urbaines
Ils portent des manteaux remplis d’étoiles
Je leur offre ma mémoire encore chaude
Un train lointain fend le ventre du silence
Je ferme les yeux pour écouter l’invisible
Le ciel respire plus lentement que nous
Je laisse mon âme dériver vers l’aube
Le monde s’efface comme une buée légère
Et je demeure dans le souffle du rêve
Djamel Metref
Saint Ouen sur Seine le 14 Mai 2026
← Tous les poèmes
