Les mots d’un montagnard
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Le procès de mes nuits blanches

Angoisse et solitude

Le procès de mes nuits blanches

Dans le tribunal blafard
des heures sans répit,
L’insomnie —
mon verdict —
siège au cœur de la nuit.

Je plaide devant Morphée,
absent de l’audience,
Suppliant son silence
d’accorder sa clémence.

Les yeux grands ouverts
à scruter l’obscurité,
Je cherche entre les ombres
un peu de vérité,

Comme si le noir profond
projetait sur les murs
Le vieux film de ma vie,
ses éclats,
ses blessures.

Alors j’appelle ma muse
au chevet de mes peines,
Mais elle danse
et se moque
au bord de mes migraines ;

Elle rit de mes soupirs,
de mes rêves bancals,
Et sème l’indiscipline
au cadran des étoiles.

Le jour me renvoie
au vacarme des vivants,
La nuit me rejette
à ses couloirs étouffants ;

L’oreiller me boude
et détourne son coton,
Le lit me tolère
sans chaleur
ni pardon.

Les draps froissés
me regardent de travers,
Comme des témoins lassés
de mes guerres intérieures.

Je m’agite,
me retourne,
prisonnier volontaire
D’un royaume
sans sommeil,
sans frontière,
sans hiver.

Je parle aux murs
fissurés de mélancolie,
Je parle au plafond
comme à un dieu endormi ;

Et j’égrène en silence,
au chapelet de mes doutes,
Les pensées les plus profondes
qui m’escortent dans ma route :

Souvenirs du passé
et projets d’avenir,
Victoires éclatantes
et défaites à subir,

Conquêtes éphémères
et retraites honteuses,
Cicatrices discrètes
sous des armures creuses.

Fantômes silencieux
aux visages de cendre,
Spectres bavards
venus exprès
pour m’entendre,

Rêves fantastiques
aux couleurs irréelles,
Cauchemars burlesques
aux grimaces cruelles.

Désirs brûlants cachés
sous mes paupières sèches,
Fantasmes délirants
comme des pluies de flèches ;

Tout défile,
tout s’entasse
en mon esprit fiévreux,
Comme un bal masqué
dans un théâtre brumeux.

La nuit s’annonce longue
et le jour semble fuir,
L’aube paraît noyée
derrière un ciel de suie.

Et moi,
seul passager
d’un train sans lendemain,
Je cherche encore une lumière
au bout du tunnel lointain.

Djamel Metref
Ecublens le 8 Mai 2026 - 2h 18 du matin