Le miroir de l’âme
Dans tes bras,
elle souriait doucement,
comme une fleur
qui cherche encore
le printemps.
Elle riait
contre ton épaule
comme si l’amour
pouvait guérir
le monde.
Tes bras étaient
une maison,
un refuge
contre toutes les saisons.
Ses mains s’accrochaient
à ton dos
avec la tendresse
d’un amour sans repos.
Ses yeux semblaient
pleins de lumière,
et sa voix calmait
même les guerres.
Elle se blottissait
avec grâce,
comme un ange
fatigué de l’espace.
Le miroir révèle
toujours
ce que l’on cache
à l’amour.
Il traverse
les faux sourires
et les promesses
qu’on veut croire éternelles.
Le miroir,
lui,
ne ment pas.
Il dévoile
ce que le cœur
cache parfois :
sous la robe
aux couleurs ardentes,
un serpent
aux écailles brûlantes.
Derrière le verre
silencieux,
quelque chose
sifflait doucement.
Un serpent enroulé
autour de ses secrets,
patient,
froid,
presque élégant.
Le reflet criait
sans voix
ce que ton cœur
refusait parfois :
dans ses courbes rouges
et passionnées
vivait un danger
bien apprivoisé.
Elle te serrait
avec douceur,
mais son ombre
parlait de peur.
Un serpent tissé
dans sa robe rouge,
comme une douleur
qui jamais ne bouge.
Pas un monstre
né pour détruire,
mais une douleur
qu’on refuse de lire,
une peur lovée
dans le silence,
un venin nourri
par l’absence.
Tu ne voyais
qu’une femme à aimer,
le miroir voyait
ce qu’elle cachait.
Car certaines âmes
portent des roses,
et des épines
sous la peau des choses.
Le serpent dormait
sous les caresses,
nourri de manque
et de tristesse.
Et toi,
amoureux du parfum
des flammes,
tu embrassais le feu
sans voir les lames.
Tu l’aimais
malgré les blessures
invisibles,
malgré les silences
incompréhensibles.
Car le cœur
choisit souvent
ce qui le détruit
lentement.
Toi,
tu enlaces encore
l’illusion,
les yeux fermés
par la passion,
tandis qu’en reflet
apparaît
ce que l’amour
ne veut jamais regarder.
Et parfois,
le plus beau des visages
porte le venin
sous les paysages.
Car certains êtres
aiment en blessant,
et certains cœurs
saignent en aimant.
Et souvent,
dans l’éclat
des caresses,
se cachent
les plus discrètes
détresses.
Djamel Metref
At Yenni le 28 Mai 2026 à 3 h 35
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