Le conte du mot en quête d’un cœur
Il était une fois,
dans un souffle ancien,
Un mot d’amour perdu
entre deux mains.
Il cherchait un cœur
où se poser,
Un regard clair
où renaître,
où briller.
Il marchait seul,
dans un matin
sans nom,
Sous un ciel
qui pesait
comme une question.
La terre dormait
encore,
tremblante
et bleue,
Et lui cherchait
un sens
entre deux adieux.
Il est né d’un silence,
au bord d’une lumière,
Quand le jour se penchait
pour écouter la mer.
Le vent portait des mots
qu’aucun livre n’écrit,
Et le ciel,
attendri,
s’en faisait un abri.
La lune veillait,
complice
et discrète,
Sur les rêves épars
que la nuit interprète.
Chaque étoile écrivait,
sur le drap du ciel,
Des fragments d’éternel,
doux
et essentiels.
Chaque pas soulevait
des souvenirs anciens,
Des rires,
des visages,
des parfums incertains.
Il pensait :
la vie est une mer
sans rivage,
Où l’on apprend à nager
dans le mirage.
J’y ai vu ton regard,
et l’éclat d’une étoile,
Des rires égarés
dans le pli d’une toile,
Un soupir,
une main,
un peu d’infini,
Et la trace du temps
qu’on croit endormi.
Toi,
tu marchais là,
sans le savoir,
Portant le monde
au creux du soir.
Ton âme parlait
la langue des roses,
Et chaque silence
disait autre chose.
Mais soudain,
au détour
d’un souffle de vent,
Quelque chose —
ou quelqu’un —
changea le temps.
Un regard,
peut-être,
ou bien une lumière,
Tomba sur lui
comme tombe la prière.
Chaque mot y respire
un souffle de mystère,
Chaque larme y devient
rosée sur la terre.
L’amour y danse nu,
fragile et souverain,
Et la vie,
en secret,
s’y tient par la main.
Je t’ai reconnu
dans le vent
qui pardonne,
Dans l’eau
qui danse
et la terre
qui sonne.
Depuis,
je sais :
rien ne finit vraiment,
Tout recommence
dans le battement.
Alors j’ai compris :
rien n’est jamais perdu.
Même les ombres
ont des reflets inconnus.
Le cœur est un astre
qui,
même éteint,
éclaire,
Et chaque amour
laisse un feu
dans la poussière.
Alors si tu l’écoutes,
ce poème du monde,
Ne cherche pas son sens —
il est dans l’onde.
Car le plus beau poème,
au fond,
tu le sais,
C’est celui qu’on écrit
sans plume…
mais avec paix.
Car l’amour,
le vrai,
ne meurt pas —
il se transforme,
Il change de visage,
de lumière,
de forme.
Et quand le monde s’efface
au bord de la nuit,
C’est lui qu’on entend,
encore,
qui dit :
“Reste.
Même dans l’absence,
je suis.”
Depuis, j’écris
sur le ciel
et la peau,
Des mots
qui vivent mieux
quand ils sont beaux.
Et quand le monde se tait,
la nuit me répond :
Le plus beau poème,
c’est ton nom.
Djamel Metref
At Yenni le 2 novembre 2025
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