Le chant des silences
Il est des soirs
où le ciel oublie
les étoiles,
Comme un cœur
qui renonce à battre
trop fort.
Le vent emporte
les promesses
sous son voile,
Et le temps fait
des adieux
un éternel décor.
J'ai parlé à la pluie
de ceux
qui nous quittent,
Elle m'a répondu
avec des larmes
de verre.
Chaque goutte portait
le nom d'une vie
trop vite,
Chaque écho ressemblait
à une prière.
Les fleurs savent mourir
sans jamais se plaindre,
Les arbres perdent leurs feuilles
sans haïr l'hiver.
Pourquoi donc l'âme humaine
apprend-elle à s'éteindre
En laissant tant d'amour
suspendu dans l'air ?
Je marche
parmi les souvenirs
en silence,
Comme un voyageur
sans chemin ni retour.
Le passé est un phare,
mais aussi une absence,
Qui éclaire la nuit
sans ramener le jour.
Pourtant,
au fond
de la plus profonde
blessure,
Une lumière fragile
refuse de mourir.
Car même le chagrin,
dans sa sombre aventure,
Est la preuve qu'un cœur
a su un jour sourire.
Alors je garde en moi
les visages effacés,
Les rires devenus
des murmures lointains.
Ils vivent dans le souffle
des matins glacés,
Et dans le calme tendre
des derniers lendemains.
Si un jour tu me cherches
parmi les ombres grises,
Ne pleure pas mon nom
au bord des vieux chemins.
Écoute simplement
le vent qui improvise :
Les plus beaux êtres
ne disparaissent jamais
tout à fait ;
Ils deviennent la poésie
que l'on porte
en silence,
Et l'éternité
qui se cache
dans les mains.
Djamel Metref
At Yenni le 22 Juillet 2026
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