Le chant confisqué
« On ne peut pas nourrir la liberté en muselant la voix. »
Dans l’ombre tiède
d’un vieux mur de pierre,
Un petit oiseau baisse les yeux
vers la terre.
Son bec est lié
d’un fil
cruel et discret,
Comme un mot
qu’on étouffe
avant qu’il ne soit dit.
Une main laisse tomber
des graines dorées,
Promesse de vie,
de pain,
de liberté.
Mais que vaut l’abondance
offerte en silence
Quand la voix est captive
et l’âme en souffrance ?
Une larme glisse
sur son doux plumage gris,
Écho des chansons
qu’il ne chantera plus ici.
Le vent lui murmure :
« Le ciel t’attend encore »,
Mais le nœud retient ses rêves
au bord de l’essor.
Alors les graines brillent
comme des étoiles,
Inaccessibles trésors
tombés sur la toile
D’un destin fragile
où l’on comprend soudain :
On ne nourrit pas un cœur
en lui fermant demain.
Djamel Metref
At Yenni le 12 Juin 2026
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