Laisser une trace
Je n’écris pas pour dire,
mais pour approcher
ce qui tremble avant la parole.
Il y a l’intime —
une fatigue,
un amour tenu à distance,
une peur qu’on ne nomme pas
par pudeur ou par survie.
Il y a la révolte,
mais à voix basse :
un refus qui s’obstine,
un pas de côté,
une phrase qui ne s’agenouille pas.
Il y a la mémoire,
non comme un récit,
mais comme une poussière fidèle
sur les objets,
sur les gestes qui reviennent
sans explication.
Et parfois,
je n’ai presque rien à dire.
Alors j’écoute.
J’enlève.
Je laisse le poème respirer
jusqu’à ce qu’il ne reste
qu’une trace légère.
Si quelqu’un passe par là,
plus tard,
et sent quelque chose bouger —
une absence,
une chaleur,
un doute —
alors le poème aura suffi.
Djamel Metref
At Yenni le 20 décembre 2025
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