La pulsation têtue du présent
Je me lève dans le fracas des silences
là où le jour apprend à serrer les dents.
Mon cœur cogne contre les murs du possible,
tambour nu d’une marche sans fanfare.
Le combat n’est pas une épée levée,
c’est un souffle tenu quand l’air manque.
Je lutte avec des mots cabossés,
des gestes pauvres mais debout.
La peur négocie,
je refuse.
La nuit insiste,
je réponds.
Résister,
c’est rester,
même quand partir semble plus doux.
J’empile des refus comme des pierres,
j’en fais un abri provisoire.
Les coups pleuvent en langues étrangères,
je traduis par la peau.
Chaque chute m’enseigne le sol,
chaque relèvement invente une route.
Je ne gagne pas,
je continue.
Le monde teste ma voix,
j’y mets tout le poids de mon souffle.
Autour,
les chaînes brillent de promesses,
je choisis la rouille des mains libres.
Résister,
c’est dire encore,
quand le sens se dérobe.
C’est tenir le fil dans l’incendie,
sans certitude,
sans médaille.
Mon combat signe au présent,
pas d’horizon héroïque.
Seulement cette pulsation têtue,
qui refuse l’effacement.
Je marche avec mes fractures visibles,
drapeau intime contre le vent.
Tant que je respire,
je conteste.
Tant que je parle,
je tiens.
Djamel Metref
At Yenni le 19 décembre 2025
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