Les mots d’un montagnard
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La maison des rires

Mémoire et transmission

La maison des rires

Dans les couloirs tiédis
par l’heure familière,
Courent des éclats clairs
plus légers que le vent ;

La maison les recueille
en son ventre vivant,
Comme un vieux cœur de pierre
abreuvé de lumière.

Ces rires d’enfants —
pluie d’or sur le silence —
Bondissent aux plafonds,
dévalent les escaliers,

Se cachent dans les draps,
sous les meubles cirés,
Et font fleurir le soir
d’une douce insolence.

La cuisine en frémit,
les fenêtres sourient,
Le parquet fatigué
chante sous leurs batailles ;

Même l’ombre,
un instant,
oublie ses funérailles
Quand leurs voix de printemps
traversent l’après-midi.

Puis la nuit vient poser
ses mains bleues sur les choses.
Les jouets sont vaincus,
les lampes ont pâli ;

Mais dans le calme épais
du logis assoupi
Reste encore en suspens
leur bonheur qui repose.

Et la maison,
gardienne attentive des âmes,
Conserve dans ses murs,
jusqu’au prochain matin,

Ces rires d’enfants fous,
fragiles et divins,
Comme un feu merveilleux
qu’on abrite des flammes.

Djamel Metref
Saint Ouen sur Seine le 14 Mai 2026