Les mots d’un montagnard
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La lumière blessée

Angoisse et solitude

La lumière blessée

Dans le miroir fendu
de l’aube incertaine,
Elle cherche un nom,
un souffle,
une veine.
Ses yeux —
deux lacs
sous un ciel d’orage —
Gardent le sel
d’un ancien naufrage.

Le monde passe,
lourd
et tranquille,
Elle,
suspendue
dans son île fragile.

cœur,
ce phare
à la lumière brisée,
Cligne encore,
sans être apaisé.

Sous la lune pâle,
elle rêve immobile,
Ses mains tremblent
d’un amour fragile.
Les mots perdus
glissent dans le vent,
Comme des prières
d’un cœur mourant.

Triste femme,
beauté sans trône,
Tu portes la nuit
comme une couronne.
Mais dans l’ombre
où ton âme s’endort,
Pousse une fleur —
peut-être encore.

Les saisons glissent,
patientes
et lentes,
Sur ta peau douce,
jadis vibrante.
Le vent t’effleure,
messager discret,
De ce qu’on perd,
de ce qu’on tait.

Son regard flotte,
loin de la rive,
Là où le passé
encore dérive.
Chaque étoile,
au fond du ciel noir,
Lui rappelle
un ancien espoir.

Tu n’as plus peur
du vide
ou des larmes,
Tu en fais perles,
tu en fais armes.
Chaque douleur
devient lumière,
Un feu tranquille,
un cri de pierre.

Et quand le jour
t’effleure enfin,
Tu souris —
sans savoir
pour qui,
pour rien.
Car la tristesse,
douce amante fidèle,
T’a fait reine,
dans son rituel.

Triste femme,
aux lèvres de brume,
Tu portes le monde
dans ton costume.
Mais même au bord
de tes chagrins,
Brille un éclat,
celui du matin.

Alors,
dans l’aube
au souffle clair,
Elle relève
ses yeux de verre.
Un chant s’élève,
léger,
humain —
C’est son cœur,
qui bat enfin.

Djamel Metref
At Yenni le 23 décembre 2025