L’or lent des montagnes
À l’aube claire,
la montagne s’éveille,
Sous le pas lent
des femmes
aux foulards noués,
Le vent fredonne
en kabyle ancien
Des mots plus vieux
que la pierre et le chêne.
Les oliviers tendent
leurs bras noueux,
Mains d’ancêtres
gravées dans le ciel,
Chaque fruit
est une promesse
sombre et douce,
Un soleil vert mûri
par la patience.
Les enfants rient,
la toile s’étend,
La terre écoute
tomber les olives,
Pluie noire,
battement du temps,
Mémoire vivante
sous les doigts agiles.
Le bâton frappe,
mais sans colère,
Respect appris
au rythme des saisons,
Car l’arbre est frère,
il donne sans plainte,
Et garde le secret
des hivers passés.
À midi,
le pain se rompt,
l’huile luit,
Or lent versé
sur la galette chaude,
Dans chaque goutte
tremble la montagne,
La sueur,
la foi,
et le silence des pères.
Quand le soir descend
sur les crêtes bleues,
Les paniers pleins
rentrent au village,
Et dans l’huile neuve
brûle encore
Le cœur ancien
de la Kabylie.
Djamel Metref
At Yenni le 25 décembre 2025
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