Les mots d’un montagnard
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L’insoumis et la terre

Histoire et paix

L’insoumis et la terre

Sous le ciel lourd
d’un jour sans nom,
Un homme errait,
libre
et vagabond,

Portant en lui
mille étoiles,
Des rêves en cendre,
un feu loyal.

Il allait,
chantant aux chemins,
D’un village à l’autre,
léger de mains,

N’ayant pour bagage
que son âme,
Et pour boussole,
un vent de flamme.

Mais vint le fer,
vint l’ombre froide,
Les bottes lourdes,
la voix roide :

« Halte ! »
cria l’homme en uniforme,
Dressant son ordre,
glaçant les formes.

« Papiers,
laissez-passer en main ! »

L’homme sourit,
fier et serein.

Il se pencha,
toucha la terre,
L’offrit au vent,
en humble prière.

« Voici mon nom,
voici ma voie,
Voici mon sang,
voici ma loi.

Cette terre est mienne
et nous possède,
C’est à toi de prouver
ta sève. »

Un instant,
le ciel suspendit son souffle.
Mais l’ombre,
rageuse,
frappa sans doute.

Poings
et crosses
tombèrent d’un bloc,
Brisant la chair,
broyant l’étoffe.

On l’embarqua
sous cris
et chaînes,
Dans un cachot
sans fin
ni peine,

Là où l’oubli
ronge l’esprit,
Là où l’écho
tue le cri.

Depuis,
perdu dans la poussière,
L’homme murmure
et fend la pierre.

Il fuit l’uniforme,
fuit les mots,
Pique les noms
sur les journaux.

France,
Français…
maudits écrits,
Qu’il perce
et troue,
mille fois trahis,

Car sous son front,
un feu luit encore :

Celui d’un homme…
libre
et fort.

Djamel METREF
At Yenni le  29 Mai 2026

… Une patrouille de l’armée française d’occupation, a demandé sa pièce d’identité à Da Medakul.
Il se penche, ramasse une poignée de terre, la lui présente et lui dit :

 « Thamourth nvava ed yema , la teqared awid nekwa »
(Sur la terre de mon père et de ma mère , vous me demandez ma carte d’identité) …

… Depuis, Da Medakul avait pour habitude, quand il avait un journal entre les mains, de le transpercer avec une aiguille à chaque fois qu’il rencontrait le mot France ou français …