HARRAGA (Resquilleurs)
Ils partent, sous la lune aux éclats argentés,
De frêles esquifs, leurs rêves entassés,
Dans l'ombre des flots, sous le ciel éperdu,
Cherchant l'espoir où la terre se tait, nue.
La mer gronde, mère impitoyable, furie,
Mais dans leurs yeux, une flamme, une vie,
Leurs cœurs battent au rythme de l'infini,
Fuyant l'abîme d’un présent qui les nie.
Les vagues hurlent, déchirant leur misère,
Mais l'horizon, là-bas, se dresse et éclaire,
Un ailleurs, une terre de douce lumière,
Où ils croient voir naître un bonheur éphémère.
Les vents sifflent, et la peur se fait maîtresse,
Mais ils voguent, guidés par une promesse,
Celle d’un ciel où l'homme, enfin, pourrait croire,
À une vie sans chaînes, à un autre espoir.
Harraga, resquilleurs du destin amer,
Dans ce frêle esquif, défiant la mer,
Ils traversent l'oubli, le froid et le néant,
Pour toucher du bout des doigts un firmament.
Et si les flots les engloutissent demain,
Leurs noms vogueront, portés par le vent marin,
Car ils ont osé, dans un ultime geste,
Affronter la tempête pour un rêve céleste.
Que leur voyage, dans la nuit déchirée,
Soit le chant des âmes à jamais libérées.
Djamel Metref
At Yenni le 11 juin 2025

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