Les mots d’un montagnard
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Duel contre un stylo fatigué

Écriture et poésie

Duel contre un stylo fatigué

Ce matin,
j’ai réveillé mon stylo,
je voulais écrire un peu,
À l’heure où on prend son café,
comme on serre une main
avant un duel,
plein d’espoir,
un peu tremblant :

“Allez,
aujourd’hui,
on écrit un chef-d’œuvre !”
que je lui ai dit,
plein de panache
et d’illusions neuves.

Il m’a toisé,
pas vraiment réveillé —
façon bic à l’encre séchée —
l’air d’un vieux compagnon blasé
et m’a balancé :

“Encore toi ?
Tu veux noircir l’éternité
avec ton cafard du dimanche ?
Chef-d’œuvre ?
Commence déjà par finir
ton texte d’hier,
poète du Samedi.”

Et moi,
vexé,
J’ai souri,
fatigué mais têtu.

je me suis gratté la tête,
mes idées en congé payé,
ma page en grève,
blanche de fierté
Et ma foi en miettes.

La page,
me fixait —
un regard de juge,
de banquier,
de muse en vacances.

La feuille,
blanche comme une fin de mois
sans solde,
me jugeait en silence,
hautaine,
sans émoi.

Les mots,
eux,
dansaient au loin,
Trop fiers pour venir s’asseoir
sur mes lignes.

“T’inquiète,”
je lui ai dit,
“l’inspiration,
c’est comme l’amour :
elle revient toujours …
mais jamais quand tu l’appelles.”

Alors j’ai écrit quand même —
mal,
bancal,
sincère,
un peu de travers,
peut-être —
mais avec le cœur de ceux
qui n’abandonnent jamais,
des mots qui riment à moitié,
mais qui battent comme un cœur.

Et quand le point final s’est posé,
une étoile minuscule sur le papier,
mon stylo m’a chuchoté,
presque sentimental :

“Bon…
Ce n’est pas un chef-d’œuvre,
non …
mais c’est vivant,
une belle tentative. »

Pas un chef-d’œuvre,
c’est déjà ça,
un miracle.

Et franchement,
ce jour-là,
c’était déjà massif.

Djamel Metref
At Yenni le 10 janvier 2026