Les mots d’un montagnard
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Ce que l’amour révèle

Amour et désir

Ce que l’amour révèle

Dans le silence ancien
et doux
d’un matin naissant,
Là où naissent les aveux
et les étoiles,
L’amour s’éveille,
fragile
et lumineux.

Je l’ai cherché longtemps,
comme une mer sans port,
Errant parmi les ombres
et les nuits sans mémoire,
Avec pour seule boussole
un battement trop fort.

Il glisse en nous
comme une onde claire,
Un souffle tiède
au cœur de l’hiver.

il est venu pourtant,
comme un feu dans le givre,
Une aurore tissée
de promesses sans nom.

Son nom glisse en moi
comme un souffle d’enfant.

Il éclaire mes nuits,
apaise mes tempêtes,
Et fait danser mon cœur
au bord de chaque fête.

Et mon cœur,
vieux désert
fatigué de survivre,
S’est changé sous ses pas
en jardin sans saison.

Dans le pli secret du temps,
l’amour respire,
Comme une braise lente
sous la cendre du monde.

Ses mots sont des rivières
où mon âme s’égare,
Ils sculptent lentement
les falaises de moi.

Il ne crie pas toujours —
il murmure,
il attire,
Tel un fleuve invisible
aux profondeurs fécondes.

Et chaque souffle à lui
devient une victoire
Sur les murs
que j’avais dressés
contre l’émoi.

Il est regard,
il est frisson,
Un mot tremblant
au bord des saisons.

J’aime comme on plonge
au centre d’un vertige,
Sans savoir si la chute
est mort
ou renaissance.

Une promesse
au goût d’éternité,
Qui fleurit
même dans l’adversité.

Comme un aveugle apprend
la lumière et le lègue
D’un monde révélé
par une seule présence.

Je l’ai vu naître
au bord d’un regard suspendu,
Quand deux silences,
enfin,
ont appris à se lire ;

Il est cette énigme
aux contours de tempête,
Un poème écrit
dans une langue de feu.

C’était une étoile
prise au piège de la rue,
Un feu tombé du ciel
qui refusait de fuir.

Et je lis sur sa peau des vers
que rien n’arrête,
Des fragments d’infini
déposés dans ses yeux.

L’amour n’est pas qu’un mot
posé sur des lèvres,
C’est un feu délicat,
une éternelle fièvre.

Si l’univers s’effondre
en poussière fragile,
Que le temps se déchire
en secondes sans voix.

Il tremble,
il vacille,
et pourtant il persiste,
Comme un rêve têtu
que le jour ne résiste.

Je serai ce fragment,
ce dernier point docile
Qui persiste à aimer,
simplement,
rien que ça.

L’amour est un jardin
que nul ne possède,
Où chaque pas invente
une saison nouvelle ;

Car aimer,
c’est brûler
sans jamais se consumer.

Les mains y sont racines,
les mots y sont remèdes,
Et le cœur,
cet oiseau,
y déploie ses dentelles.

C’est mourir
à chaque instant
pour renaître plus vaste.

Il brûle et berce,
tour à tour,
Feu doux,
tempête,
et tendre détour.

C’est offrir son chaos
pour qu’il soit transformé
En un chant éternel
que le silence contraste.

Et dans ses braises,
l’âme s’égare,
Trouvant pourtant
son plus sûr phare.

Alors il prends mes nuits,
mes failles
et mes dérives,
et en fait des constellations
que son regard éclaire.

un vertige,
une houle,
Qui brise les certitudes
comme des falaises ;

Et que même l’oubli,
dans ses ombres furtives,
Ne puisse effacer
ce que nos âmes libèrent.

Parfois il est tempête —
Il emporte les noms,
les promesses
qui roulent,
Et laisse au fond de l’âme
une étrange braise.

J’aime dans l’ombre
autant que dans la lumière,
Dans les silences lourds,
dans les rires légers d’hier.

Et même si le temps
efface nos contours,
Il gardera vivant
ce fragile amour.

Mais même dans la nuit,
quand tout semble se taire,
Il persiste en secret,
têtu comme la vie ;

Une lueur fragile
au creux de la poussière,
Un souffle obstiné
que rien n’anéantit.

Car aimer,
c’est oser se donner,
Sans certitude,
sans se retourner.

Et dans ce vertige
infiniment humain,
Découvrir l’autre…
et se trouver enfin.

Aimer,
c’est se défaire
et renaître autrement,
C’est offrir ses hivers
pour un seul été tendre ;

C’est marcher sans armure
au-devant du présent,
Et croire,
malgré tout,
que l’on peut se surprendre.

Car aimer,
c’est oser défier l’invisible,
C’est rendre l’impossible
un peu plus accessible.

C’est offrir son vertige,
et recevoir en retour
L’infini murmuré
dans un simple « toujours ».

C’est écrire à deux mains
une langue inconnue,
Dont chaque mot tremble
entre perte
et miracle ;

C’est voir dans l’autre
un monde encore inaperçu,
Un horizon vivant,
un fragile oracle.

Et si l’amour se brise —
car il sait se briser —
Il laisse dans nos veines
une mémoire ardente :

Un goût d’infini doux
qu’on ne peut apaiser,
Une absence qui brûle
et pourtant nous invente.

Car l’amour n’est jamais
ce que l’on croit tenir,
Il est ce qui nous échappe
et nous façonne encore ;

Un passage secret
entre naître et finir,
Une blessure d’or
ouverte sur l’aurore.

Djamel Metref
Saint Ouen sur Seine le 22 Avril 2026