Bonjour la vie
Bonjour la vie,
comme on entrouvre
une fenêtre
sans savoir encore
si l’air sera doux
ou tranchant.
Bonjour la vie,
je ne te murmure plus,
je te lance
comme un cri
à pleins poumons.
Bonjour la vie,
je t’ouvre
comme une fenêtre
fragile
et déjà le vent
me renverse.
Bonjour la vie,
je n’ai que ma voix
et déjà elle brûle.
Bonjour la vie,
avec mes mains
pleines de nuit
et les rêves accrochés
aux doigts
comme des étoiles
fatiguées,
et mon cœur trop vaste,
incapable de te contenir
sans déborder.
Bonjour la vie,
Je te veux entière,
avec tes brûlures,
tes vertiges,
tes nuits
qui dévorent
et tes matins
qui renaissent
en flammes.
Je tremble un peu —
mais c’est de toi.
Bonjour la vie,
Je te dis oui
avec mes peurs,
avec mes vertiges,
avec tout ce qui tremble.
Bonjour la vie,
Je te salue
sans te comprendre,
toi qui donnes
et reprends
dans le même souffle
invisible,
comme une mer
qui hésite.
Bonjour la vie,
je te prends
sans précaution,
comme on embrasse
trop fort
de peur
que tout s’efface.
Bonjour la vie,
Je t’accueille
et je te défie,
je te murmure
et je te crie,
comme si chaque instant
pouvait être le premier
ou le dernier.
Bonjour la vie,
Prends-moi,
perds-moi,
éclaire-moi
ou brise-moi —
mais ne sois jamais tiède.
Bonjour la vie,
même à tes jours
de pluie,
même à tes silences
lourds
où le cœur apprend
à écouter.
Bonjour la vie,
Qu’importe
si tu blesses —
je préfère
tes éclats
à l’absence
tranquille,
tes orages
à la paix
sans cœur.
Bonjour la vie,
Tu es douce parfois,
presque silencieuse,
comme une lumière posée
sur un visage aimé.
Bonjour la vie,
Car il suffit
d’un instant —
un rire,
un regard,
une lumière —
pour que tout recommence
comme si rien n’était jamais perdu.
Bonjour la vie,
Frappe,
renverse,
emporte-moi,
je marcherai
quand même
sur tes braises
encore vives
avec un rire indocile.
Bonjour la vie,
Et puis soudain
tu deviens incendie —
tu m’arraches à moi-même,
tu fais de mes certitudes
une cendre légère.
Alors je dis bonjour,
encore,
non par certitude,
mais par désir.
Bonjour la vie,
je ne te demande rien,
sinon de me perdre en toi
jusqu’à en devenir brûlure.
Bonjour la vie,
je ne veux plus te comprendre,
je veux te sentir
jusqu’à la brûlure claire.
Bonjour la vie,
Qu’importe
si je me perds,
si je tombe,
si je me brise —
je veux être de ceux
qui disent oui
même au vertige.
Alors je dis bonjour,
encore
et encore,
avec tendresse
et avec fureur,
comme un serment
fragile
jeté au feu
du monde.
Bonjour la vie,
jusqu’au bout.
Djamel Metref
Saint Ouen sur Seine le 3 Mai 2026
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