Beaucoup en délire
Beaucoup d’amour,
et peu de mots.
Beaucoup d’ombres,
sous les flambeaux.
Beaucoup de mots
Qu’on ne dit pas,
Mais qui résonnent
Entre nos pas.
Beaucoup d’instant
Où l’on s’oublie,
Beaucoup d’amour…
Et c’est pour la vie.
Beaucoup d’amour,
Mais en triangle,
Beaucoup de jours
Où tout s’étrangle.
Tout brûle.
Tout valse.
Tout hurle en fractales.
L’amour devient un trou.
Le monde : une spirale.
Beaucoup de monde,
Si peu de liens.
Beaucoup de cœurs
Qui ne tiennent rien.
Beaucoup de nuits
À refaire le monde,
Beaucoup de “oui”
Quand nos mains se sondent.
Beaucoup de rien
Qu’on plante ensemble,
Et puis soudain
Le monde tremble.
Beaucoup de rien
Qui fait du bien,
Beaucoup de vie
Dans les chemins.
Beaucoup de rien
Qui parle fort,
Beaucoup de chiens
Qui chantent l’aurore.
Beaucoup de “viens”,
De “reste encore un peu”,
Beaucoup de rien
Qui nous rend heureux.
Beaucoup de toi
Dans mes pensées,
Beaucoup de fois
À te rêver.
Beaucoup de doigts
Qui cherchent, qui savent,
Beaucoup de toi
Dans chaque épave.
Beaucoup de mêmes
Qui veulent dire “je t’aime”,
Beaucoup de galères
Mais jamais sans toi-même.
Beaucoup de textos
Qui finissent en cœur,
Beaucoup de silences
Plus clairs que des fleurs.
Beaucoup de grâce
Dans ton regard doux,
Comme une trace
De l’éclat des jours fous.
Beaucoup de charme
Dans ton pas léger,
Et sous mes armes,
Mon cœur allégé.
Beaucoup de temps
Dans une caresse,
Comme un printemps
Que l’on redresse.
Beaucoup de souffle
Contre ma peau nue,
Beaucoup de trouble
Quand tu m’es venue.
Beaucoup de peau
Sous chaque « nous »,
Beaucoup de beau
Dans presque tout.
Beaucoup d’envies
Quand tu t’approches,,
Beaucoup de vie
Quand tu m’accroches.
Beaucoup de feu
Sous nos silences,
Beaucoup de vœux
Dans l’impatience.
Beaucoup de feu
Dans un regard,
Beaucoup de vœux
Au fond du soir.
Beaucoup de nuit
À nous confondre,
Beaucoup d’oubli
À nous répondre.
Beaucoup de forêts
Qu’on coupe en parts,
Beaucoup de miettes
Dans nos espoirs.
Beaucoup de mers
Qui montent en rage,
Beaucoup d’hivers
Dans les visages.
Beaucoup de routes
Pour fuir la guerre,
Beaucoup d’ajouts
Sur les frontières.
Beaucoup de corps
Qu’on efface en ligne,
Beaucoup de sorts
Sans origine.
Beaucoup de cris
Qu’on ne veut pas,
Beaucoup d’oubli
Sous chaque pas.
Beaucoup de cris
Que l’on rend muets,
Beaucoup de lois
Qui parlent en paix.
Beaucoup de mains
Levées pour rien,
Beaucoup de demain
Qui n’ont plus de chemin.
Beaucoup de murs
Et peu d’abris,
Beaucoup de lois
Contre la vie.
Beaucoup de rêves
dans peu de lits,
beaucoup de trêves
et d’interdits.
Beaucoup d’attentes
à chaque pas,
beaucoup de bruits
quand rien ne va.
Beaucoup d’attente
Au seuil d’un baiser,
L’heure hésitante
Où tout peut commencer.
Beaucoup de bruit.
Rien qui change.
Beaucoup de votes.
Toujours les mêmes.
Beaucoup de gestes
qu’on ne fait plus,
beaucoup de restes
dans ce qu’on tue.
Beaucoup de tout.
Et pas assez
De vrai,
De doux,
D’honnêteté.
Beaucoup de rires
Dans les matins,
Beaucoup de mains
Pour faire sourire.
Beaucoup de ciel
Même en hiver,
Beaucoup d’abeilles
Dans la lumière.
Beaucoup de chance
Dans peu de choses,
Beaucoup d’enfance
Dans chaque rose.
Beaucoup d’élan
Quand vient le vent,
Beaucoup d’instant
Dans un moment.
Beaucoup d’amis
Qu’on n’a pas vus,
Mais qui sont là
Quand on n’en peut plus.
Beaucoup d’écrans.
Peu de regards.
Beaucoup de règles.
Aucune justice.
Beaucoup de sang
Dans les écrans,
Beaucoup d’enfants
Sans lendemain.
Beaucoup d’humains
Qu’on déshabille,
Beaucoup de mains
Encore en file.
Beaucoup de mains.
Pas de pain.
Beaucoup d’ordre.
Zéro paix.
Beaucoup de flics.
Pas de refuge.
Beaucoup de morts.
Peu de mémoire.
Beaucoup d’air.
Mais pas pour tous.
Beaucoup de mers.
Peu de ports.
Beaucoup de chiffres,
Zéro visage,
Beaucoup de crimes
Dans les rouages.
Beaucoup d’humains.
Trop peu d’humain.
Puis vient le cri.
Celui qui plie le ciel.
Celui qui broie les dieux.
Celui qui, du temps, casse l’aisselle.
Puis plus rien.
Ou presque.
Un œil.
Qui cligne.
Et rit.
Djamal METREF
Nadjoua Bensalem
Publication Facebook le 21 juin 2025
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