Les mots d’un montagnard
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Au creux du chaos, je suis là

Résilience et espoir

Au creux du chaos, je suis là

Il y a des nuits sans ciel,
Où la lumière s’oublie,
Où chaque pas pèse
Comme un mot qu’on n’a pas su dire.
Il y a des jours qui tombent lourd,
Des matins sans couleur,
Où même le silence fait du bruit.
On avance,
tête basse,
Le cœur en chantier,
À recoller les morceaux
qu’on ne comprend plus.

Mais quelque part,
Un souffle résiste.
Un battement fragile,
Presque rien,
Mais assez pour tenir.
Mais au fond du fond,
Quelque chose tient.
Un fil,
un feu,
une braise —
Un “encore” qui refuse de mourir.

L’espoir ne crie pas,
Il chuchote.
Il s’infiltre dans les fissures,
Se glisse entre deux larmes,
Et pousse — têtu —
Comme une herbe à travers le béton.
L’espérance,
ce n’est pas une promesse,
C’est une habitude du cœur :
Recommencer.
Même quand tout dit stop.
Même quand le monde ferme les rideaux.

On croit tomber,
On apprend à plier.
On croit finir,
On recommence autrement.
Alors on se relève.
Pas en héros,
Pas en cri —
En souffle.
En pas de côté.
En regard qui dit “pas fini”.

Et même si le monde se défait,
Même si le vent efface les traces,
Il reste ce feu minuscule
Au fond des yeux :
Celui qui dit encore,
Malgré tout —
Je suis là.
La résilience,
C’est l’art discret de renaître sans témoin.
C’est savoir que sous la cendre,
Il y a la vie qui attend son tour.

Et quand la lumière revient,
Même timide, même fêlée,
On la cueille à pleines mains,
Comme si c’était la première fois.
Parce qu’au bout du chaos,
Au bout de tout,
Il reste toujours cette phrase simple :
Je suis là.

Djamel Metref
At Yenni le 13 octobre 2025