Au bord de ce qui fut aimé
Dans une lumière ancienne
où tremble la mémoire,
je t’écris
comme on rouvre
un carnet oublié,
où chaque page
sent la pluie
sur les soirs de gare,
et le cœur
qui s’éloigne
sans jamais s’expliquer.
Il reste de nous deux
une saison qui traîne,
un parfum de pas lents
sur des quais effacés,
et ce nom que le vent
prononce avec peine
quand l’hiver se souvient
de nos mains enlacées.
Je te vois dans le bleu
des vitres embuées,
dans ces cafés
où l’heure hésite à repartir,
où les tasses semblent
pleurer nos vérités
et où l’absence apprend
doucement à grandir.
L’amour,
ce n’est parfois
qu’une chambre ouverte
sur un passé qui brûle
encore sans se consumer,
une lampe vacillante
au bord d’une mer verte
où viennent
nos silences se reposer.
Et pourtant je t’écris
comme on cherche un rivage,
comme on parle à la nuit
pour ne pas s’y perdre tout à fait,
car même la nostalgie
a ton visage
quand elle s’attarde
au bord de ce qui fut aimé.
Djamel Metref
Bians Les Usiers le 6 Mai 2026
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