Aimer contre le néant
Il y eut d’abord le silence,
et dans ce silence —
un battement.
Pas celui d’un cœur,
mais celui d’un espoir.
Un jour,
tout s’éteindra.
Les étoiles tomberont
en silence,
et les mers rendront
leur mémoire.
Mais avant cela —
nous aurons été.
Nous étions faits
de poussière,
et pourtant,
regarde —
nous avons su
briller.
L’univers s’est ouvert,
comme une paupière fatiguée
de la nuit.
La lumière a dit :
je suis,
et tout a commencé
à se souvenir.
Je t’ai vue naître
dans la lumière
d’une seconde,
là où le hasard
devient promesse.
Ton regard,
minuscule galaxie,
m’a appris
que l’infini tenait
dans une pupille.
Ton souffle
portait des mondes,
mes mains
cherchaient Dieu
dans la chaleur
de ta peau.
Des étoiles sont nées,
non pas pour briller,
mais pour
que quelqu’un,
un jour,
puisse lever les yeux
et comprendre.
Nous avons ri
sous un ciel fatigué,
aimé
entre deux respirations
du monde.
Chaque baiser
effaçait un peu de peur,
chaque larme
réparait une étoile.
Les étoiles,
témoins fatiguées,
s’inclinaient
devant notre fièvre.
Elles savaient :
tout ce qui aime
défie le néant.
Sur une pierre bleue,
minuscule,
une pensée a surgi —
fragile,
têtue.
Elle a pris forme
en toi,
en moi,
en tous ceux qui rêvent
encore.
Mais rien ne dure —
sauf ce qu’on ressent
vraiment.
Les dieux meurent,
les mots s’effacent,
les corps retournent
à la poussière,
et pourtant,
toi
et moi —
nous brûlons
encore.
J’ai cru que le temps
nous laisserait
un peu d’éternité,
mais le temps,
lui,
ne promet rien.
Il prend,
il polit,
il efface,
comme la mer
use les noms
gravés dans la pierre.
Tu respires l’air
d’étoiles mortes,
tu marches
dans la poussière
d’anciens soleils.
Et pourtant,
chaque fois
que tu aimes,
l’univers recommence.
Car aimer,
c’est désobéir à la fin.
C’est dire je suis
quand tout s’effondre.
C’est écrire,
dans la peau du temps,
une phrase
que la mort ne peut pas lire.
Pourtant,
parfois,
la nuit,
quand le silence
s’étire comme une prière,
je sens ton absence briller.
Pas une douleur —
une lumière.
Car le plus grand miracle
n’est pas le temps,
ni l’espace —
c’est le battement simple,
humain,
d’un cœur
qui croit à l’infini.
Et s’il reste quelque chose
après tout,
ce sera peut-être
ce souffle,
ce murmure
entre deux mondes :
nous avons existé.
Et je comprends alors :
mourir n’est
qu’un autre verbe
pour dire
aimer autrement.
Car l’univers
nous regarde encore,
et dans le battement sourd
de ses étoiles,
on entend notre écho —
infime,
mais vivant.
Djamel Metref
At Yenni le 6 Novembre 2025
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