A la vie, à la mort
La mort dit à la vie, d'une voix amère :
« Pourquoi te célèbre-t-on, partout où tu vas ?
Pourquoi dans chaque cœur, tu laisses de la lumière,
Quand moi, je n’apporte que le froid et l’effroi ?
Toi, on t’adore, on t’accueille en chantant,
Tandis que moi, on me fuit, on me redoute.
Dis-moi, pourquoi, toi, douce, et moi, terrifiante,
Pourquoi cette haine que je porte sur ma route ? »
La vie sourit doucement, pleine de malice,
Et dans un soupir, elle finit par répondre :
« Moi, je suis un doux mensonge, une promesse lisse,
Un voile coloré qui empêche de voir l'ombre.
On me chérit pour mes illusions dorées,
Je fais briller l’instant, éclipser la fin,
Mais toi, ma sœur, tu es la vérité,
La fin inévitable de tout chemin.
Ce n’est pas toi qu’ils haïssent en secret,
C’est l’idée que tout finit, que tout se perd.
Mais sans toi, je n’aurais plus de beauté,
C’est ta présence qui rend chaque jour si cher. »
Alors la mort, dans un souffle, comprit :
Qu’elle était le miroir où la vie s’éteint,
Et que, malgré tout, dans l’ombre, elle aussi
Donne à l’existence son ultime écrin.
Djamel Metref
At Yenni le 29 octobre 2024
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